Oullinst avait prévu de traverser Melbourne au pas de course : trois musées le matin, une tour panoramique l’après-midi, et pourquoi pas un match le soir. Oori, elle, s’est arrêtée au bout de trente mètres devant une ruelle entièrement recouverte de peintures, avec un café installé au milieu et une odeur de grains torréfiés qui sortait d’une porte minuscule. Le programme a pris deux heures de retard dès le premier matin. C’est exactement comme cela que fonctionne Melbourne : la ville ne se visite pas monument par monument, elle se découvre ruelle par ruelle.
Melbourne est la capitale de l’État de Victoria et la deuxième ville d’Australie par la population. Contrairement à Sydney, qui joue la carte de la carte postale immédiate avec son opéra et son pont, Melbourne demande un peu plus d’attention avant de se livrer. Sa richesse se cache dans les laneways, ces ruelles étroites héritées du plan urbain victorien, transformées depuis les années 1990 en galeries de street art à ciel ouvert, en bars minuscules et en cafés obsessionnels sur la qualité de l’espresso. Ajoutez à cela des marchés couverts centenaires, une scène gastronomique multiculturelle parmi les plus intéressantes du Pacifique, des jardins botaniques remarquables et une culture sportive qui frôle la religion, et vous obtenez une ville où trois jours passent très vite.
Que faire à Melbourne : les incontournables
Les laneways et le street art du centre
Commencer par les ruelles du centre-ville est la meilleure introduction possible. Hosier Lane, juste en face de Federation Square, est la plus célèbre : ses pavés et ses murs sont dédiés au street art depuis la fin des années 1990, et les fresques y changent en permanence. Il n’existe donc pas deux visites identiques. Autour, AC/DC Lane rend hommage au groupe australien, Centre Place et Degraves Street alignent les terrasses de cafés sous les enseignes en enfilade, tandis que Block Arcade et Royal Arcade offrent un contraste saisissant avec leurs galeries marchandes du XIXe siècle, sols en mosaïque et verrières comprises. Prévoyez au minimum une demi-journée pour cette exploration à pied, en acceptant de vous perdre volontairement.
Venez à Hosier Lane tôt le matin, avant 9 h, ou en soirée. En pleine journée, la ruelle est bondée et vous verrez surtout des perches à selfie. Tôt, vous croiserez parfois les artistes en train de repeindre un mur, ce qui est infiniment plus intéressant.

Federation Square, le NGV et les rives de la Yarra
Federation Square est le point de rendez-vous naturel de Melbourne, avec son architecture anguleuse très discutée par les habitants eux-mêmes. C’est le meilleur point de départ pour rejoindre la rive de la Yarra et remonter Southbank, où se succèdent terrasses, promenade piétonne et vues sur les gratte-ciel. Sur cette rive se trouve la National Gallery of Victoria, le plus ancien musée d’art d’Australie, dont la collection permanente est en accès libre. Son mur d’eau à l’entrée et son plafond de vitraux dans le Great Hall sont devenus des images emblématiques de la ville. Un peu plus loin, l’ACMI explore l’image animée, du cinéma aux jeux vidéo, et constitue une excellente option pour un après-midi pluvieux, ce qui, à Melbourne, arrive plus souvent qu’on ne l’imagine.

Queen Victoria Market
Surnommé le « Vic Market » par les habitants, ce marché couvert s’étend sur environ sept hectares et rassemble plusieurs centaines de commerçants. Ouvert depuis la fin du XIXe siècle, il n’a rien d’une reconstitution touristique : les Melbourniens y font réellement leurs courses. On y trouve des halles à viande et à poisson, des étals de fruits et légumes, des fromagers, des stands de spécialités grecques, italiennes, vietnamiennes ou turques, et une partie artisanat plus inégale. Le marché est fermé certains jours de la semaine, il vaut donc mieux vérifier les horaires avant de s’y rendre. En été, des marchés nocturnes s’y tiennent régulièrement, avec musique et cuisine de rue.
Oori a remarqué que les Melbourniens ne commandent presque jamais un « café » tout court. Ils demandent un flat white, un long black, un piccolo ou une magic, cette dernière étant une invention locale à base de double ristretto et de lait chaud. Demander simplement « un café » à Melbourne, c’est un peu comme demander « un fromage » dans une fromagerie française.
Les jardins et le Shrine of Remembrance
Les Royal Botanic Gardens comptent parmi les plus beaux jardins botaniques de l’hémisphère sud. Ils couvrent une trentaine d’hectares au bord de la Yarra, avec des collections par région du monde, un lac, et une pelouse qui sert de cinéma en plein air pendant l’été austral. Juste à côté, le Shrine of Remembrance, mémorial dédié aux soldats australiens, offre depuis sa terrasse une vue dégagée sur la ligne des gratte-ciel du centre. L’ensemble se parcourt tranquillement en deux ou trois heures, et permet de comprendre à quel point Melbourne a construit son identité autour des espaces verts : la ville est traversée de parcs, de jardins et d’allées d’arbres qui adoucissent considérablement la densité du centre.
Le MCG et la culture sportive
Impossible de comprendre Melbourne sans évoquer le sport. Le Melbourne Cricket Ground, le fameux MCG, est l’un des plus grands stades du monde, avec une capacité d’environ cent mille places. Il accueille le cricket en été et surtout le football australien, l’AFL, une discipline née dans cette ville au XIXe siècle et qui structure la vie sociale locale d’avril à septembre. Assister à un match d’AFL, même sans rien comprendre aux règles, reste une expérience très forte : la ferveur, les chants et l’ambiance familiale des tribunes en disent long sur la ville. Melbourne accueille aussi l’Open d’Australie en janvier, le Grand Prix de Formule 1 et la Melbourne Cup hippique, chacun transformant la ville pendant plusieurs jours.
Les quartiers de Melbourne à explorer
La véritable personnalité de Melbourne se joue à l’extérieur du centre, dans des quartiers qui ont chacun un caractère très marqué et se rejoignent facilement en tramway. Prendre le temps d’en visiter deux ou trois change complètement la perception de la ville : on passe du décor urbain classique à quelque chose de beaucoup plus vivant, où les habitants sont visibles, où les commerces sont indépendants et où l’on comprend enfin pourquoi tant de voyageurs disent préférer Melbourne à sa rivale du nord.
| Quartier | Ambiance | À ne pas manquer |
|---|---|---|
| Fitzroy | Créatif, alternatif, jeune | Brunswick Street, galeries, librairies indépendantes, Rose Street Market le week-end |
| Carlton | Italien, universitaire | Lygon Street et ses trattorias, Royal Exhibition Building, Melbourne Museum |
| St Kilda | Balnéaire, décontracté | Jetée et colonie de manchots pygmées, Acland Street, coucher de soleil sur la baie |
| Brunswick | Multiculturel, musical | Sydney Road, cuisine libanaise et turque, salles de concert |
| South Melbourne | Résidentiel, gourmand | South Melbourne Market et ses fameux dim sims |
| Richmond | Vietnamien, sportif | Victoria Street et ses cantines de pho, proximité du MCG |
Fitzroy mérite une mention particulière. C’est le quartier où Melbourne assume le plus franchement son côté créatif : ateliers d’artistes, disquaires, friperies, murs peints, et une densité de cafés difficile à égaler ailleurs en Australie. St Kilda, de son côté, apporte le contrepoint balnéaire. En fin de journée, une petite colonie de manchots pygmées revient sur les rochers au bout de la jetée, et l’on peut les observer gratuitement à condition de rester discret et de ne jamais utiliser de flash. Ce genre de scène, à vingt minutes de tramway du centre d’une métropole de cinq millions d’habitants, résume assez bien l’Australie.
Où manger à Melbourne
Melbourne est souvent présentée comme la capitale gastronomique de l’Australie, et cette réputation tient surtout à son histoire migratoire. Les vagues successives d’arrivées grecques, italiennes, vietnamiennes, libanaises, chinoises et éthiopiennes ont façonné une offre culinaire très large, où les meilleures adresses ne sont presque jamais les plus visibles. La ville abrite l’une des plus importantes communautés grecques hors de Grèce, ce qui explique la présence d’un quartier grec autour de Lonsdale Street, avec pâtisseries et tavernes.
- Le café de spécialité : Melbourne a inventé une partie du vocabulaire mondial du café. Les torréfacteurs indépendants sont partout, particulièrement à Fitzroy et Collingwood.
- Le brunch : discipline nationale ici, avec des cartes créatives qui vont bien au-delà des œufs Bénédicte.
- La cuisine vietnamienne : Victoria Street à Richmond et Footscray à l’ouest concentrent les meilleures cantines de pho et de banh mi.
- Les dim sims : version australienne locale des raviolis chinois, plus grosse et souvent frite, à goûter au South Melbourne Market.
- Les pâtisseries italiennes de Lygon Street : cannoli, gelato et espresso servis dans des salles qui n’ont pas changé de décor depuis quarante ans.
- Le parma : escalope panée sauce tomate et fromage, plat de pub emblématique de l’État de Victoria.
Melbourne ne se donne pas au premier regard. Elle attend que vous poussiez une porte sans enseigne, que vous montiez un escalier douteux, et là seulement elle vous montre le meilleur bar de la rue.
Combien de jours à Melbourne et quel itinéraire
Deux jours permettent de voir le centre et un quartier. Trois jours constituent un bon équilibre entre la ville et une excursion. Cinq jours autorisent une vraie exploration, avec la Great Ocean Road et une seconde escapade. Voici un itinéraire de trois jours pensé pour limiter les trajets inutiles, en gardant à l’esprit que Melbourne se marche beaucoup et que les distances dans le centre sont modestes.
| Jour | Matin | Après-midi | Soirée |
|---|---|---|---|
| Jour 1 | Laneways du centre, Hosier Lane, Block Arcade | Federation Square, NGV, promenade le long de la Yarra | Rooftop bar du centre ou spectacle à Southbank |
| Jour 2 | Queen Victoria Market | Fitzroy et Carlton, Royal Exhibition Building | Dîner sur Lygon Street ou Brunswick Street |
| Jour 3 | Royal Botanic Gardens et Shrine of Remembrance | Tramway jusqu’à St Kilda, jetée et plage | Retour des manchots au coucher du soleil |
Si vous disposez d’une journée supplémentaire, remplacez le troisième jour par une excursion et décalez St Kilda en fin de séjour. Et si vous avez cinq jours ou plus, la question ne se pose même pas : la Great Ocean Road se parcourt idéalement en deux jours plutôt qu’en une journée épuisante depuis Melbourne.
Les excursions autour de Melbourne
Melbourne est une excellente base pour explorer l’État de Victoria. Les distances restent raisonnables et plusieurs sites majeurs sont accessibles à la journée, en voiture de location ou en excursion organisée. Attention toutefois à un piège classique : vouloir enchaîner deux excursions ambitieuses en deux jours consécutifs transforme les vacances en marathon routier.
- La Great Ocean Road : la route côtière la plus célèbre d’Australie, avec les Douze Apôtres. Comptez au minimum douze heures pour un aller-retour dans la journée, et un rythme soutenu.
- Phillip Island : à environ deux heures au sud-est, célèbre pour sa parade des manchots au crépuscule, quand les oiseaux remontent la plage en groupes.
- La Yarra Valley : plus ancienne région viticole de Victoria, à une heure de route, idéale pour une journée dégustation et paysages de collines.
- Les Dandenong Ranges : forêts d’eucalyptus géants et train à vapeur historique Puffing Billy, très apprécié des familles.
- La péninsule de Mornington : plages, sources chaudes et cabanes de bain colorées de Brighton un peu plus près de la ville.
- Wilsons Promontory : parc national sauvage au sud, plus lointain mais spectaculaire pour les randonneurs.
Melbourne est notre coup de cœur australien. Moins immédiatement spectaculaire que sa rivale du nord, elle récompense largement ceux qui prennent le temps de la parcourir à pied et de pousser les portes. Si vous n’avez le temps que d’une seule grande ville australienne et que vous aimez les cafés, l’art et les quartiers vivants, choisissez celle-ci sans hésiter.
Se déplacer à Melbourne
Melbourne possède le plus grand réseau de tramways du monde, et c’est de loin le meilleur moyen de circuler. Le centre-ville est couvert par une Free Tram Zone dans laquelle tous les trajets en tramway sont gratuits : il suffit de monter et de descendre à l’intérieur du périmètre, sans validation. Les limites de la zone sont indiquées aux arrêts, et il est important de les repérer car sortir de la zone sans avoir validé une carte de transport expose à une amende. En dehors de cette zone, le réseau fonctionne avec la carte rechargeable myki, valable sur les tramways, les bus et les trains de banlieue.
Le City Circle Tram, ligne 35, mérite une mention à part. Il circule gratuitement en boucle autour du centre à bord de vieux tramways W-Class au bois verni, avec un commentaire audio qui présente les principaux monuments du parcours. Il dessert notamment le Melbourne Museum, le Parlement de Victoria, la State Library, Docklands et Federation Square, avec un passage toutes les dix à douze minutes environ. Ce n’est pas le moyen le plus rapide de traverser la ville, mais c’est une manière très agréable de s’orienter le premier jour.
Prenez le City Circle dans le sens qui vous arrange, faites un tour complet sans descendre, puis refaites le parcours en vous arrêtant. Vous aurez une carte mentale de la ville en moins d’une heure, et vous saurez exactement où vous voulez revenir à pied.
Quand partir à Melbourne
Melbourne est célèbre pour sa météo instable, résumée par une expression que tous les habitants répètent : « quatre saisons en une journée ». La ville se situe au point de rencontre entre les vents chauds venus de l’intérieur du continent, les fronts froids remontant de l’océan Austral et l’air marin plus doux de la baie de Port Phillip. Résultat, il n’est pas rare de connaître trente degrés le matin et quinze l’après-midi. Les meilleures périodes restent l’automne austral, de mars à mai, et le printemps austral, de septembre à novembre, avec des températures agréables et une lumière particulièrement belle.
| Saison | Mois | Ce qui vous attend |
|---|---|---|
| Été austral | Décembre à février | Chaud, parfois très chaud, plages et marchés nocturnes, Open d’Australie en janvier, forte affluence |
| Automne austral | Mars à mai | Doux et stable, feuillages colorés, Grand Prix et festival de comédie, période idéale |
| Hiver austral | Juin à août | Frais et humide, saison de l’AFL, ambiance de cafés et de musées, tarifs plus bas |
| Printemps austral | Septembre à novembre | Jardins en fleurs, temps variable, Melbourne Cup début novembre |
- Une veste coupe-vent même en été austral
- Des chaussures de marche confortables, la ville se parcourt à pied
- Une crème solaire à indice élevé, l'ensoleillement australien est intense
- Un adaptateur de prise australien type I
- Une gourde, les fontaines à eau sont nombreuses dans les parcs

Melbourne insolite : les découvertes qui surprennent
Au-delà des grands classiques, Melbourne réserve quelques surprises qui valent le détour. Le Old Melbourne Gaol raconte l’histoire pénitentiaire de la ville et celle du bandit Ned Kelly, figure controversée du folklore australien. Le Royal Exhibition Building, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, témoigne de la richesse spectaculaire de Melbourne à l’époque de la ruée vers l’or victorienne des années 1850, quand la ville était l’une des plus prospères du monde. Les cabanes de bain de Brighton, alignées et peintes de couleurs vives face à la baie, sont devenues un décor photographique incontournable. Enfin, la State Library Victoria et sa salle de lecture octogonale coiffée d’un dôme constituent l’un des plus beaux intérieurs de la ville, en accès libre.
Pour ceux qui aiment comprendre ce qu’ils regardent, l’histoire de Melbourne tient en quelques dates : fondée en 1835 sur les terres du peuple Kulin, dont la présence remonte à des dizaines de milliers d’années, la ville explose démographiquement avec la ruée vers l’or de 1851. C’est cet enrichissement brutal qui explique l’abondance de bâtiments victoriens monumentaux dans le centre, complètement disproportionnés pour une ville aussi jeune à l’époque. Melbourne fut même la capitale provisoire de l’Australie de 1901 à 1927, avant que Canberra ne prenne le relais.
Melbourne ou Sydney, faut-il choisir ?
La question revient systématiquement, et la rivalité entre les deux villes est un sport national. Sydney offre un cadre naturel exceptionnel, un opéra iconique et des plages urbaines célèbres dans le monde entier. Melbourne mise sur la culture, la gastronomie, les quartiers et une ambiance plus européenne. Si votre voyage est court, choisissez selon votre profil : amateur de paysages spectaculaires et de baignade d’un côté, amateur de villes à explorer lentement de l’autre. Si vous avez le temps, faites les deux, en gardant à l’esprit qu’un peu plus de huit cents kilomètres les séparent. Notre guide pour savoir que faire à Sydney vous aidera à trancher, et si l’Océanie vous tente au-delà de l’Australie, notre guide de la Nouvelle-Zélande complète parfaitement le tableau.
Nos conseils pratiques avant de partir
Quelques repères utiles pour préparer sereinement votre séjour. La plupart des voyageurs européens doivent obtenir une autorisation électronique avant l’entrée en Australie, à demander en ligne et bien à l’avance. Le décalage horaire est important, comptez huit à dix heures d’avance sur la France selon la saison, et le vol dure plus de vingt heures avec escale. Prévoyez donc au moins deux jours d’acclimatation et évitez de planifier une excursion exigeante dès le lendemain de l’arrivée.
- Les paiements se font presque exclusivement par carte, l’argent liquide est devenu rare.
- Le pourboire n’est pas obligatoire, les salaires sont inclus dans les prix affichés.
- L’eau du robinet est potable partout.
- Les contrôles à l’entrée du territoire sur les produits alimentaires et végétaux sont stricts, déclarez tout.
- Les indices UV sont élevés même par temps couvert, la protection solaire n’est pas une option.
Melbourne fait partie de ces villes que l’on quitte en se disant que l’on n’a pas tout vu, et c’est plutôt bon signe. Oullinst est reparti avec une liste de ruelles qu’il n’avait pas eu le temps d’explorer, et Oori avec les adresses de trois torréfacteurs qu’elle a promis de retrouver. La prochaine fois, ils prendront la Great Ocean Road, avec deux jours devant eux et sans essayer de tout caser dans un seul après-midi. Ils s’étaient pourtant promis de ne plus faire ça.
Photo de couverture : Photo : Bernard Spragg / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0
Le curieux de la bande. Oullinst veut toujours savoir pourquoi : pourquoi cette ville s’est construite ici, pourquoi on mange ce plat, pourquoi ce monument est devenu célèbre. Il grimpe en haut des tours, teste les transports les plus improbables et lit les cartes avant tout le monde. C’est presque toujours lui qui lance l’aventure.





